Le p’tit ciné
Rencontres autour
du cinéma documentaire
  • Agenda
  • Programmations
  • Festival En ville!
  • Archive
  • Qui sommes-nous ?
  • S'inscrire à la Newsletter
  • Rechercher
  • NL / EN
Inscrivez-vous à notre newsletter :
Home / Films /

9m2 pour deux

De : Joseph Cesarini, Jimmy Glasberg
France, 2005
94'

Ce film est issu d’une expeÌ rience cineÌ matographique meneÌ e en milieu carceÌ ral. 9m2 pour deux a eÌ teÌ mis en sceÌ€ne dans un deÌ cor de cellule reconstitueÌ e en studio aÌ€ l’inteÌ rieur de la prison. Dix hommes deÌ tenus y deviennent tour aÌ€ tour interpreÌ€tes et filmeurs de leur propre vie. Chacun d’entre eux s’exprime ainsi aÌ€ travers des situations quotidiennes en une seÌ rie de moments forts : amitieÌ , indiffeÌ rence, confrontation, solitude... Synopsis du film.

“9m2 pour deux fait partie de ces films qui viennent nous rappeler de temps en temps que le cineÌ ma peut aussi eÌ‚tre pour le spectateur une expeÌ rience. Au sens ouÌ€, comme au deÌ but de Close-up d’Abbas Kiarostami lorsque nous assistons aÌ€ un dialogue entre un chauffeur de taxi, des militaires et un journaliste, nous sentons bien dans 9m2 pour deux poindre un trouble en nous face aux situations qui se deÌ roulent dans l’espace confineÌ d’une cellule de la prison des Baumettes aÌ€ Marseille. Tout a l’allure du documentaire, jusque dans le passage de la petite cameÌ ra DV de l’un des prisonniers aÌ€ l’autre, les mouvements parfois chaotiques, les propos au jour le jour, loin des dialogues de sceÌ naristes dont la maiÌ‚trise nous embarque immeÌ diatement dans un ailleurs identifieÌ et parfois meÌ‚me trop reconnaissable. Ici, nous sommes dans l’indeÌ cision en face d’une reÌ aliteÌ non identifiable que le deÌ roulement du film va peu aÌ€ peu accentuer : travail sur la lumieÌ€re, sur le rythme, construction du montage nous font ressentir plus qu’intellectualiser, plan apreÌ€s plan, la preÌ sence sous-jacente, tapie, dans l’ombre de la fiction (...).
Nous n’en sommes pas pour autant au bout de nos doutes. Car s’il s’agit bien d’une fiction, celle-ci n’a que bien peu aÌ€ voir dans les repreÌ sentations qu’elle nous propose avec les mythologies (cineÌ ma de fiction et de documentaire confondus) que charrie la production cineÌ matographique aÌ€ propos des prisons, du reÌ cit d’eÌ vasion au teÌ moignage compassionnel en passant par le chant d’amour. Nous sommes dans un monde qui peÌ€se son poids de reÌ el, respire le grain du quotidien et s’incarne fortement. Cet univers s’aveÌ€re d’autant plus troublant que plus le film avance, moins nous savons preÌ ciseÌ ment qui le fait : est-ce un deus ex-machina tapi dans l’ombre (Jimmy Glasberg ou son comparse JoseÌ CeÌ sarini avec l’aide du monteur Roger Ikhlef ) ? On doute que les toÌ‚lards se soient laisseÌ embobiner si facilement dans ce qui releÌ€ve quand meÌ‚me d’un exercice de deÌ voilement de soi ouÌ€ l’impudeur et l’aveu releÌ€vent d’un certain courage, d’une vraie prise de risque, d’un engagement profond. Nous ne sommes pas non plus dans le film teÌ moignage, la catharsis du filmeÌ , la theÌ rapie par le cineÌ ma. Alors voilaÌ€, nous avons aÌ€ faire aÌ€ un OCNI (objet cineÌ matographique non identifieÌ ) qui vient rejoindre la liste pas si longue que ça, celle des films qui ne masquent pas la profonde ambiguïteÌ de leur deÌ marche mais au contraire la livrent en paÌ‚ture au spectateur pour mieux le mettre en deÌ seÌ quilibre. Car au fond, ce qui nous trouble le plus dans 9m2 pour deux, ça n’est pas de savoir qui a fait le film (car on se doute bien que graÌ‚ce aÌ€ la justesse de son dispositif, aÌ€ un moment il s’est fait tout seul, avec le concours attentif de tous). Ce qui nous met en suspens, au-dessus d’un abyme c’est plutoÌ‚t de ne pas y trouver ce que nous y cherchons (des prisonniers geignards et reÌ volteÌ s face aÌ€ des cineÌ astes bienveillants) mais des gens qui, dans le lieu ouÌ€ on en manque le plus, s’approprient cette formidable chance de liberteÌ que leur offre cette expeÌ rience de cineÌ ma heÌ reÌ tique et impure qui leur permet de se montrer, aÌ€ travers leur travail de sceÌ naristes, dialoguistes, comeÌ diens, cameÌ ramans et reÌ alisateurs, comme des eÌ‚tres libres.†FreÌ deÌ ric Sabouraud, critique de cineÌ ma, enseignant et sceÌ nariste.

Programmation

  • Hommage àJean-Daniel Pollet

Raccourcis

Lieux de projection
Partenaires
Qui sommes-nous ?
Nos productions
Plan du site

INFORMATIONS ET CONTACT

contact(at)leptitcine.be
+32 (0)2 538 17 57 / +32 (0)493 56 69 07
http://www.festivalenville.be
http://www.leptitcine.be
http://www.regardssurletravail.be
Facebook : Le p’tit ciné
Instagram : festival.enville

asbl Le P’tit Ciné - 0451955761
5 rue du Fort / 1060 Bruxelles
RPM Bruxelles
BE36 0011 3205 6381

Partenaires